Jours 6 et 7 : De Lhassa à Beijing en Sky Train

Samedi 2 août

Voici venu le jour du départ de Lhassa, ville que j’ai trouvée formidable et d’une richesse folle. Reste que la situation des Tibétains, sous-citoyens sur leur propre terre, m’a empêché d’en profiter pleinement.

Je retrouve Phuntsok à 9h, pour aller voir le monastère qui était fermé mercredi. Manque de chance, il est fermé le samedi aussi…

À la place, il me conduit aux ruines du monastère Shide, qui a été détruit pendant la terrible Révolution culturelle et est resté tel quel.

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Nous nous rendons ensuite dans une « maison de thé » où les locaux viennent discuter autour d’un verre. Le principe est simple : on pose un tas de billets sur la table, et lorsque notre verre est vide, une dame armée d’une grosse théière vient le remplir et pioche dans les billets. Deux Tibétaines assises en face de nous disent que ça leur fait plaisir de voir un étranger (non chinois) ici. C’est vrai que je suis le seul touriste dans la salle !

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Après avoir retrouvé les autres à l’hôtel, nous prenons la direction de la gare pour embarquer dans le Sky Train.

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Il s’agit d’un train couchette qui relie Lhassa à Pékin en 42 heures. Il traverse tout le Tibet, passant parfois à 5000 mètres d’altitude (d’où son surnom de Sky Train) puis la Chine. C’est le train le plus haut du monde (altitude maximale : 5072 mètres), et l’un des plus beaux trajets qu’on puisse faire avec ce moyen de transport.

Vaut mieux que ça soit le cas, parce que le confort du train est rudimentaire : des couchettes superposées trois par trois, sans rideau (vive l’intimité), sans loupiote personnelle, sans prise électrique… Il y a quelques sièges dans les couloirs pour admirer le paysage, mais c’est tout. Par contre, on dispose chacun d’un « distributeur d’oxygène ».

On est un peu à l'étroit.

On est un peu à l’étroit.

Du coup je m'installe dans le couloir.

Du coup je m’installe dans le couloir.

Autre chose : c’est légèrement le bordel dans l’attribution des couchettes (je me demande s’il est possible d’en réserver en même temps, vu le nombre de gens qui veulent changer de place, qui pour être avec sa famille, qui pour ne pas être trop loin de son fils).

IMG_2468 Enfin, je pense que le trajet de 42h pourrait être fortement raccourci si le train ne s’arrêtait pas au milieu de nulle part toutes les 30 minutes et s’il parvenait à dépasser les 80 km/h.

Ceci dit, le trajet est agréable. On traverse d’abord une zone montagneuse, avant d’arriver à un plateau (assez monotone) à 4500 mètres d’altitude. Vers 20h, alors qu’on est au plus haut du trajet (5000 mètres), les sommets enneigés se font plus nombreux et la lumière de fin de journée est magnifique.

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Nous passons notamment à côté du lac Yamdrok-Tso, l’un des trois grands lacs sacrés du Tibet.

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On dîne dans la voiture restaurant (nourriture fadasse au possible) avant de s’installer sur des couchettes pour boire quelques bières et nous interroger sur la vie des gens qui habitent là. Qui sont les premiers fous à s’être installé au milieu de nulle part ? Que font-ils tous les soirs ? Et en hiver ?

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Finalement, je vais me coucher juste avant qu’ils n’éteignent les lumières, vers 22h.

Le train a l’avantage d’être extrêmement silencieux et très stable ; je dors donc comme un loir jusqu’à 8h.

Dimanche 3 août

À mon réveil, je me pose sur un siège et débute un livre. Le paysage est toujours aussi désertique, de longues plaines et des montagnes à l’horizon.

Nous atteignons notre premier arrêt du jour (si on excepte celui de 3h du matin) à 12h, au moment où je finis mon livre. Le temps d’acheter des yaourts – la spécialité locale – sur le quai, nous voilà reparti. Après des heures et des heures de désert vert, ça fait étrange de voir ces groupes de dizaines d’immeubles identiques, achevés ou en construction, s’aligner sur des kilomètres. Ça sent fort la bulle immobilière…

Pas le temps de faire les touristes : nos arrêts se résument à une visite des quais de gares.

Pas le temps de faire les touristes : nos arrêts se résument à une visite des quais de gares.

À 15h, nous nous arrêtons à Lanzhou, le temps d’acheter du poulet rôti sur le quai, puis entamons la traversée d’une zone semi-désertique constellée de grottes. Il est dit qu’il y a plus de Chinois aujourd’hui qui vivent dans des grottes qu’ils n’y avaient d’humains à l’époque où ils vivaient encore dans des cavernes…

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Le voyage se poursuit avec une zone réellement désertique, où les seules traces de civilisation ou presque sont des poteaux électriques.

Ce voyage en train est vraiment intéressant, car il nous fait traverser des zones vraiment différentes. Il permet aussi de réaliser la taille de la Chine… Les villages que nous traversons ont ainsi des architectures spécifiques à leur région.

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Cela fait maintenant 28 heures que nous sommes partis, mais je n’ai pas encore trouvé le temps long. Alors que j’avais fait le plein d’épisodes de séries sur mon téléphone, je n’en ai pour l’instant regardé qu’un seul.

Nous arrivons en milieu d’après midi au bord d’un désert dont les dunes se dessinent à l’horizon. Quelle surprise de voir cela en Chine ! C’est un paysage qui me rappelle plutôt le Maroc !

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Sachant qu’on allait passer à un moment à côté de la Grande muraille, je me suis trouvé un bon siège vers 16h, et n’en ai pas bougé jusqu’à 19h44, le temps d’aller aux toilettes. À 19h47, lorsque je suis revenu, j’ai été accueilli par un « Morgan, t’étais où ? T’as raté la muraille ! » Ahah. VDM.

On continue à papoter un peu, on essaye sans succès d’aller chercher des bières (les wagons menant à la voiture restaurant sont blindés de gens) et finalement je vais me coucher à 21h30. Pendant ce temps, Vu écrit lui aussi son blog, mais d’après ce que j’ai lu rapidos au-dessus de son épaule, c’est très personnel et ça taille sec sur les gens du groupe. Pas étonnant qu’il ne veuille pas nous donner l’adresse. Pas de ça ici : notre groupe avait des personnalités très différentes, mais toutes adorables, et on s’est bien marré. C’est ce qui compte !

A notre arrivée à Beijing, le lundi au matin, il est temps de nous dire au revoir, sauf Vu, justement, qui m’accompagne en Corée du Nord, troisième étape de ce périple estival.

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