Trois jours à Istanbul (plus ou moins)

Plus, parce que je suis arrivé à Istanbul le jeudi soir et que je suis reparti le lundi après-midi.
Moins, parce qu’ayant été malade (j’ai googlé les symptômes, le premier résultat parlait de cancer), je n’ai pas été aussi efficace que je l’aurais espéré.

Dates : du jeudi 7 au lundi 11 novembre 2013
Confort : voyage avec une compagnie low-cost et auberge de jeunesse
Budget : 394 euros (dont 170 euros d’avion)
Déroulement : Une journée pour la vieille vieille, une autre pour la ville moderne et une croisière sur le Bosphore

 

Pourquoi Istanbul ? Cela fait plusieurs années que je voulais visiter cette ville. Parce que mon séjour sur la côte de la mer Egée, en 2011, m’a laissé un excellent souvenir. Parce que j’ai été amoureux d’une Gözde. Mais surtout parce que Byzance, Constantinople et Istanbul ont depuis des millénaires fait rêver les savants, croisés, voyageurs ou aventuriers.

Puisque le 11 novembre tombait cette année un jeudi, je me suis dit que c’était une bonne occasion de m’y faire un long-week. Le prix de l’aller-retour, avec Pegasus Airlines, a achevé de me convaincre.

Ca vous fait pas rêver, ça ? En plus, il fait deux fois plus chaud qu'à Paris (c'est à dire, 16°).

Ca vous fait pas rêver, ça ? En plus, il fait deux fois plus chaud qu’à Paris (c’est à dire, 16°).

Jeudi 7 novembre

Après trois heures de vol, j’atterris à l’aéroport Sabiha Gokcem. Contrairement à l’aéroport Atatürk, il n’est pas relié à la ville par le métro, mais une navette part toutes les 30 minutes jusqu’à Taksim (pour 13TL). De là, je prends un taxi pour Saltunahmet (13TL aussi), où se trouve mon hôtel.

Je dors au Istiklal Hostel, que j’ai choisis pour son prix (50 euros les 4 nuits en dortoir) et ses commentaires unanimes sur Hostelworld. Parmi les points forts que j’ai relevé : le staff super sympa et aidant, localisation parfaite, à 50 mètres de la station de tram Sultanahmet, grande propreté (dortoirs nettoyés tous les jours), Wifi nickel… Seul point négatif : le petit déjeuner est très léger. Mais pour le prix, on va pas se plaindre.

« Qui êtes-vous ? » « Morgan, j’ai réservé. » « Mais vous n’êtes pas une femme. » « Non, désolé. » Le réceptionniste m’avait prévu une chambre dans un dortoir féminin, et ne sait donc pas quoi faire de moi.

Heureusement, l’établissement possède un deuxième hôtel non loin, avec des chambres doubles, dont une est disponible. Je gagne au change ! Surtout que la jeune fille qui m’accueille est si mignonne et sympathique que quelques minutes plus tard, je me demande déjà si je vais rentrer lundi…

Vendredi 8 novembre : Le vieil Istanbul

A cheval sur deux continents et sur deux millénaires, Istanbul regorge de richesses culturelles et architecturales. La visiter en trois jours est une gageure, je vais donc me contenter pour cette fois de ses monuments les plus emblématiques. Et ça tombe bien, mon hôtel est placé au bon endroit, lui qui offre une vue sur la mosquée bleue.

Quoi de plus emblématique ici que l’Haghia Sophia (littéralement Sainte Sagesse, abusivement traduite Sainte Sophie) ?

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Elle a été inaugurée en 537 par l’empereur Justinien, qui voulait en faire le plus grand monument de la chrétienté. Pari réussi, puisque les dimensions de la basilique resteront inégalées jusqu’à la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome, 1000 ans plus tard.

Le monument a sacrifié sa grâce à sa taille : pour soutenir la coupole haute de 56 mètres et la protéger des tremblements de terre, il a fallu dresser de gros contreforts tout autour des bâtiments.

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La mosquée bleue, vue de Sainte-Sophie.

La mosquée bleue, vue de Sainte-Sophie.

A l’inverse, l’intérieur dévoile un volume impressionnant. On est sans doute loin de la richesse du lieu à l’époque – les coûts engendrés mirent à mal l’économie de l’empire, car rien n’était trop beau pour le monument – mais rien qu’architecturelement, c’est une réussite. Les mosaïques, la chaire, les peintures ont pour la plupart disparues lors des divers sacs et quand la basilique a été transformée en mosquée. Atatürk, quant à lui, en a fait un musée.

L'intérieur est en travaux, d'où la photo mal cadrée pour pas trop voir l'échafaudage à gauche.

L’intérieur est en travaux, d’où la photo mal cadrée pour pas trop voir l’échafaudage à gauche.

Jésus a survécu à la mosquéisation de la basilique.

Jésus a survécu à la mosquéisation de la basilique.

En sortant, je vais voir la citerne-basilique, à deux pas. C’est un immense réservoir d’eau qui se situait sous une basilique, d’où son nom. C’est une visite étonnante : une forêt de piliers semble flotter dans une lumière rougeoyante.

Les fans de James Bond reconnaîtront le lieu, visité par l’espion dans Bons baisers de Russie.

James Bond s'y promenait en barque, mais depuis le milieu des années 90, il y a un ponton.

James Bond s’y promenait en barque, mais depuis le milieu des années 90, il y a un ponton.

Ensuite, un gros morceau : le palais de Topkapı, qui a été jusqu’en 1853 la principale résidence du sultan de l’empire ottoman. Il s’étend sur 70 hectares et a regroupé jusqu’à 4000 personnes.

L’aile la plus intéressante est celle du harem, construite au XVIe siècle, dont on ne visite qu’une petite partie des 300 pièces. Cela permet d’avoir une petite idée de la vie dans cette institution, qui n’avait pas particulièrement l’air d’être un lieu de débauche, mais plus un lieu d’intrigues…

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Le lit où le sultan "discutait" avec ses femmes.

La chambre où le sultan « discutait » avec ses femmes (la photo n’est pas mal cadrée, je voulais montrer les belles mosaïques).

La chambre du prince, qui n'avait pas le droit de regarder les femmes du harem par la fenêtre. C'est ce qu'on appelle une prison dorée.

La chambre du prince, qui n’avait pas le droit de regarder les femmes du harem par la fenêtre. C’est ce qu’on appelle une prison dorée.

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Le trésor du palais est aussi très prisé des visiteurs, mais les gros cailloux, même en diamant, et les lampes/trônes/épées/Coran/services à thé en or incrustés de pierres précieuses me laissent de marbre. En plus, on peut pas les prendre en photo.

Une des cours du palais.

Une des cours du palais.

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Une salle de repos, avec vue sur la baie.

Une salle de repos, avec vue sur la baie.

Au sud de Sainte-Sophie, la mosquée bleue s’élève face à un hippodrome antique, dont il ne reste rien à part deux obélisques. Le premier vient du temple de Louxor, le second a été construit sur place.

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Construite entre 1609 et 1616 en juste en face de Sainte-Sophie, la mosquée bleue se voulait être un pendant de cette dernière, voire la surpasser. Chose qu’elle ne réussit pas : son dôme s’élève « seulement » à 43 mètres.. Elle a la particularité de compter six minarets : à l’époque, seule la mosquée de la Mecque en avant autant. Pour ménager la susceptibilité des imams du coin et ne pas leur faire croire qu’ils avaient perdu le concours de qui-a-la-plus-grosse (mosquée), il a fallu construire un septième minaret à La Mecque.

Le problème des mosquées d'Istanbul, c'est qu'il est difficile d'avoir suffisamment de recul pour les faire rentrer dans le cadre de l'appareil photo. Vous pouvez toujours aller sur Google Images voir des photos prises d'hélicoptères.

Le problème des mosquées d’Istanbul, c’est qu’il est difficile d’avoir suffisamment de recul pour les faire rentrer dans le cadre de l’appareil photo. Vous pouvez toujours aller sur Google Images voir des photos prises d’hélicoptères.

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C’est en entrant à l’intérieur de l’édifice qu’on comprend son nom : la voûte est décorée de 21.000 carreaux de céramique.

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Après m’être perdu dans les ruelles du vieil Istanbul, je me retrouve au Grand Bazar, un souk bien plus organisé que ce à quoi je m’attendais. Mais ne vous attendez pas à dénicher ici des produits traditionnels : vous avez plus de chance de trouver des contrefaçons de grandes marques ou des babioles made in China.

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En tout cas, quel plaisir de pouvoir flâner entre les échoppes sans se faire agresser par les rabatteurs, comme en Égypte !

D’ailleurs, c’est marrant : en Égypte, tout le monde me prenait pour un Turc, ou à la rigueur un Italien. Ici, aucun rabatteur ne m’a abordé en trois jours. Par contre, plusieurs personnes sont venues me demander en turc leur chemin, ou ont commencé à discuter avec moi dans le métro. Mon arbre généalogique ne doit donc pas être 100% breton, comme il le paraît. En tout cas, si un jour je dois disparaître, je sais dans quel pays je pourrai me planquer.

Après le Grand bazar, j’arrive (je ne sais trop comment, en allant au hasard dans les rues) au Bazar égyptien, spécialisé dans les épices. Il n’a jamais accueilli d’Egyptiens, mais a été financé par un impôt prélevé sur eux, d’où son nom.

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Dernière visite de cette longue journée : la Mosquée neuve, qui comme le Pont neuf n’a rien de récente. Elle date de 1665 (alors que sa construction avait commencée en 1597 !) et surplombe le pont de Galata, qui enjambe la Corne d’Or.

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De retour à l’hôtel, je vais dîner dans un restaurant de Sultanahmet. Très touristique, le quartier en compte un grand nombre, chers et tous avec le même menu. Mais j’ai la flemme d’aller ailleurs, surtout que je n’ai aucun appétit (je suis patraque et n’ai rien mangé depuis la veille).

Je profite aussi de la localisation parfaite de l'hôtel pour aller voir Sainte-Sophie et la Mosquée bleue de nuit.

Je profite aussi de la localisation parfaite de l’hôtel pour aller voir Sainte-Sophie et la Mosquée bleue de nuit.

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Samedi 9 novembre : L’Istanbul moderne

Changement total d’atmosphère : après l’antiquité et le moyen-âge, on passe aujourd’hui aux XIXe et XXe siècles, de l’autre côté de la Corne d’or.

Départ de la place Taksim, le cœur de la ville. On y trouve le centre culturel Atatürk (en rénovation) ainsi que le parc Taksim Gezi. Un projet d’urbanisme doit le faire disparaître : c’est de là que sont parties les manifestations violentes du début d’année, qui se sont soldées par six morts et 4.000 blessés. Si je comprends les aspirations des manifestants face aux coups de boutoir des islamistes contre la laïcité et les principes républicains, le fait que ce parc ait été l’étincelle de la révolte m’étonne beaucoup. En un mot comme en cent : il est moche. Mais la place est, semble-t-il, un symbole de la contestation de la rue depuis des décennies. Il est d’ailleurs interdit d’y manifester.

Le centre culturel Atatürk, un bâtiment (moche) qui surplomble la place Taksim. Il est en travaux actuellement.

Le centre culturel Atatürk, un bâtiment (moche) qui surplomble la place Taksim. Il est en travaux actuellement.

Je descends la rue Istiklal, les « champs-Elysées » stambouliotes. C’est une enfilade de boutiques, de restaurants, de galeries d’art et d’anciens cercles culturels.

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De nombreux "passages" partent de part et d'autre de la rue. On y trouve des boutiques, des restaurants et des cinémas.

De nombreux « passages » partent de part et d’autre de la rue. On y trouve des boutiques, des restaurants et des cinémas.

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La représentation française se trouve tout en haut de la rue et est recouverte de tags rageurs. Deux réflexions :
– au moment où on va dépenser 2,5 milliards d’euros pour construire une gare à Marseille, n’a-t-on pas les moyens de payer un pot de peinture ? Pour l’image, quoi.
– c’est fou la capacité qu’ont nos dirigeants récents à nous faire détester de tous les pays du monde. Et pourtant, il est difficile de trouver plus francophiles que les Turcs. D’ailleurs, jusqu’au début du XIXe siècle, toute l’administration était bilingue.

Malvenue en France.

Malvenue en France. Non non, le bâtiment n’est pas abandonné, en bas à gauche de la photo vous pouvez voir un petit bout de quelqu’un qui en sort (et qui va probablement aller faire une demande de Visa en Allemagne après avoir eu affaire à l’administration française. Ceci dit, ça explique peut être pourquoi ils ont une plus grande communauté turque que nous).

Un arrêt au bar Istanbul 360, au centre de la rue, permet d’avoir un beau panorama de la ville. De quoi faire grimper les prix : les prix des cocktails sont dignes d’un bar branché de Paris.

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Au pied du bar 360 se trouve une cathédrale, dont j'ai oublié le nom.

Au pied du bar 360 se trouve une cathédrale, dont j’ai oublié le nom.

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Ensuite, ce sont des bakvalas que je vais manger, dans une pâtisserie semble–t-il réputée.

Je descends ensuite jusqu’à la Tour de Galata, édifice médiéval qui étonne ici, tant ils sont rares. D’une hauteur de 67 mètres, elle date du XIIIe siècle. On y trouve un poste d’observation et un restaurant, mais ne me sentant pas très bien, je n’y monte pas et me dirige vers l’hôtel, via le pont de Galata.

Là, j'ai "Mon mal de foie", la chanson de Sardou, dans la tête.

Là, j’ai « Mon mal de foie », la chanson de Sardou, dans la tête.

Un premier projet de pont avait été élaboré par Léonard de Vinci, sur demande du sultan de l’époque, mais n’a jamais été réalisé. Le pont actuel, loin d’être une réussite architecturale, date de 1994. Il a la particularité d’être sur deux niveaux, avec de nombreuses boutiques sous la chaussée.

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A 17h, ayant mal a peu près partout, entre migraine ophtalmique et estomac lourd, j’arrive à l’hôtel pour « une sieste ». Finalement, je ne me relèverai pas de la journée.

Dimanche 10 novembre : Croisière sur le Bosphore

Après 15 heures de sommeil (je dois pas être loin de mon record), me voila presque en pleine forme pour aller faire du bâteau !

Un ferry part deux fois par jour d’Istanbul (le matin et l’après-midi) pour remonter le Bosphore jusqu’à l’embouchure de la mer Noire, pour un prix faible (25 TL l’aller/retour, 15 l’aller simple). Le bâteau du matin part à 10h35, c’est celui-là que je prends.

Le palais de Dolmabahçe, où est mort Atatürk le 10 novembre 1938, à 9h05. Toutes les horloges du bâtiment sont arrêtées à cette heure-là.

Le palais de Dolmabahçe, où est mort Atatürk le 10 novembre 1938, à 9h05. Toutes les horloges du bâtiment sont arrêtées à cette heure-là.

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Ce détroit fait 42 kilomètres de long, et 700 à 3000 mètres de large. C’est l’un des endroits où le traffic maritime est le plus important au monde, avec notamment des milliers de pétroliers qui partent de la mer noire.

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Pendant 1h30, le ferry longe successivement les côtes européenne et asiatique, afin que les passagers puissent admirer les monuments, palais et villages de pêcheurs. Quatre arrêts sont aussi marqués.

La forteresse de Rumeli Hisarı, construite en quatre mois seulement par les hommes de Mehmet II. Il a eu une méthode efficace pour motiver ses architectes : chacun avait une tour à construire ; si l'un d'eux la terminait en retard, il était décapité.

La forteresse de Rumeli Hisarı, construite en quatre mois seulement par les hommes de Mehmet II. Il a eu une méthode efficace pour motiver ses architectes : chacun avait une tour à construire ; si l’un d’eux la terminait en retard, il était décapité.

Le terminus, sur la rive asiatique, est Anadolu Kavaği. C’est un petit village de pêcheurs, dont une grande partie de l’activité semble s’être tournée vers le tourisme, si j’en juge par le bourg : difficile d’y trouver autre chose que des restaurants de poissons bondés de touristes.

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Le village est surplombé des ruines d’un château, auxquelles on accède après 20 minutes de marche. La vue sur l’embouchure du détroit est superbe, mais le site absolument pas mis en valeur, c’est dommage.

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L'embouchure de la mer noire.

L’embouchure de la mer noire.

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La même forteresse, vue d’en bas.

Après cette visite et le déjeuner, je souhaite traverser le détroit pour Sariyer, y visiter le musée Sadberk Hanim, puis rentrer à Istanbul en bus en m’arrêtant à Emirgan. Ceci afin de ne pas refaire le même trajet en bâteau…

Mais alors que je pensais (enfin, le Routard pensait) qu’il y avait de fréquentes navettes entre Anadolu Kavaği et Sariyer, j’apprends qu’il n’y en a que toutes les deux heures, et que je viens de rater celle de 14h à quelques minutes près. Attendre celle de 16h n’aurait pas grand intérêt, puisque le temps de traverser, le musée de Sadberk Hanim aurait été quasiment fermé (il ferme à 17h), et j’aurais fini le trajet en bus dans le noir.

Je reprends donc le même ferry qu’à l’aller, qui part à 15h et arrive à Istanbul à 16h30.

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A l’arrivée, j’ai le temps de me rendre à la mosquée de Süleymaniye (Souleymane), superbe bâtiment situé dans un quartier historique préservé… mais c’est l’heure de la prière, alors je ne peux pas entrer à l’intérieur.

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Je rentre donc à mon hôtel, en longeant l’université, dont beaucoup de monuments (la porte monumentale, par exemple) sont en rénovation. C’est un point qui m’a marqué à Istanbul : de très nombreux monuments ou mosquées sont en restauration. C’est un peu casse-pied quand on veut les visiter, mais c’est une très bonne chose que le gouvernement s’en préoccupe. Paris devrait en prendre exemple.

Lundi 11 novembre

C’est déjà la fin ! Mais avant de partir, allons visiter deux sites intéressants, situés à deux pas de la mosquée bleue.

Tout d’abord, la mosquée Sokollu Mehmet, inaugurée en 1572. Elle est célèbre pour son intérieur, décoré de tuiles Iznik (l’ancienne Nicée), et la présence de plusieurs morceaux de la Kaaba, la pierre sacralisée par les musulmans. Mais la mosquée est fermée, donc je ne la verrai pas non plus.

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Tout autour se trouve une école coranique. Et dans la cour un petit vieux qui m’a tiré les oreilles comme mon tonton quand j’étais petit. Je sais pas pourquoi, parce qu’il me parlait en turc, mais il souriait, alors j’ai sans doute pas fait de bétise.

Dernière visite, l’église de Saint-Serge-et-Bacchus, appelée la Petite Sainte-Sophie. Construite également par l’empereur Justinien, elle préfigure Sainte-Sophie par l’espace intérieur qui libère la coupole. Transformée en mosquée lors de la conquête ottomane, c’est aujourd’hui un magnifique monument, à l’ambiance appaisante.

Si quelqu'un

Google Traduction, t’es repéré !

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Après cela, je n’ai plus qu’à récupérer mon sac, acheter des loukoums et me rendre à l’aéroport. Dans deux mois, on changera d’ambiance, avec un long weekend à Reykjavik. Stay tuned!

 

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20 heures à Dubaï

Vendredi 27 septembre

Départ de Paris à 21h50 le 26 septembre, avec Emirates et en A380. Je teste les deux pour la première fois. L’avion est impressionnant, par sa taille bien sûr, mais surtout par le silence qui règne à l’intérieur par rapport aux autres appareils. Le gain de confort et de place est aussi très appréciable.

Concernant Emirates, j’ai aussi été conquis : de la serviabilité des hôtesses (dont une parle le fidjien) au très bon (si si, c’est possible en avion) plateau repas, en passant par la qualité de l’offre de divertissement proposé (dont l’épisode de Big bang theory dont j’avais vu l’enregistrement), c’est un sans faute. Par contre, au moment où j’écris ces lignes, j’attends ma correspondance pour Narita, qui a une heure quinze de retard…

Riz et poulet mariné (et beurre breton !)

Riz et poulet mariné (et beurre breton !)

Après un peu moins de 6h de vol et encore moins de sommeil, nous -moi et un pote, que nous appellerons Minirop- arrivons à Dubaï à 6h30 (4h30 en France). Nous voici libre pour 20h d’escale dans cette ville de 1,6 million d’habitants, capitale de l’émirat du même nom et ville la plus importante des Émirats arabes unis.

Dubaï était encore à la fin du XIXe siècle un modeste port de pêche. L’exploitation de ses ressources pétrolières la propulsa dans la modernité et lui procura suffisamment importants pour dépenser sans compter. De quoi (tenter d’)en faire une capitale du tourisme et du shopping lorsque l’or noir sera épuisé.

En route vers Burj Khalifa.

En route vers Burj Khalifa.

On espère donc logiquement commencer la découverte de la ville par son métro, inauguré en 2011. C’est le métro automatique le plus long du monde. Étonnamment, cette absence de chauffeur ne l’empêche pas d’être fermé le vendredi jusqu’à 13h30, pour cause de prière. C’est donc en taxi (70 dirhams) que nous nous rendons vers le symbole de la ville et de sa démesure : Burj Khalifa.

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Avec ses 828 mètres de hauteur, elle est (pour combien de temps) de loin la plus haute structure construite par l’homme. Une tour de Babel moderne, un immeuble qu’on croirait tout droit sorti d’un film de science-fiction. Aussi impressionnant de très près que de très loin : rien de tel que de la voir dépasser à l’horizon pour réellement saisir sa taille.

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De loin…

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De très loin…

Il est possible d’y monter, mais nous ne le faisons pas : c’est cher (25€ en cas de réservation) et malgré la promesse du sommet, l’ascenseur ne monte qu’à 450 mètres de hauteur, et même pas sur une terrasse mais derrière des vitres.

A la place, nous pénétrons dans le Dubaï Mall, au pied de la tour, le centre commercial le plus impressionnant qu’il m’a été donné de voir. On est surpris d’y trouver, au détour du « souk » ou de la « fashion gallery », un terrain de basket (!), une patinoire (!!), un parc d’attractions Sega, avec grand huit et manèges à sensations (!!!)…

Entrée du centre commercial

Entrée du centre commercial

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Aquarium du centre commercial...

Aquarium du centre commercial…

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Et des centaines de magasins, dont un Kinokuniya (chaîne de librairies japonaises) où nous manquons de déjà exploser notre budget.

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Après trois heures à déambuler là-dedans, nous partons en métro vers le Mall of the Emirates, un autre centre commercial. Il serait moins impressionnant s’il ne possédait pas en son sein une station de ski. Avec remontées mécaniques, moniteurs et gamins qui font de la luge. Je me demande quel est le bilan carbone de ce truc.

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Re-métro, et nous descendons cette fois à la marina, un front de mer aux chouettes buildings. Et là, tout se gâte : sur la carte, Palm Island ne parait pas trop loin, j’insiste donc pour qu’on y aille à pieds. Mais après une heure de marche sur le bas-côté d’une autoroute (cette ville n’est pas du tout conçue pour les piétons), on arrive au pied du tronc du palmier, et il n’y a rien. Pas d’observatoire permettant de voir le palmier, long de cinq kilomètres. La flemme de nous engager sur l’île artificielle prend le pas et on espère trouver un taxi pour nous conduire à Burj Al-Arab. Finalement, alors que le soleil se couche, c’est sur une place qu’on finit notre très longue marche. Nous ne verrons donc pas de près cette voile de 321 mètres de hauteur qui, toute « hôtel le plus luxueux du monde » qu’elle est, n’a pas d’accès en transport en commun.

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Nous retournons enfin vers le Dubaï Mall et Bjrj Khalifa, pour d’une part voir la tour illuminée, mais aussi assister au spectacle des fontaines. C’est joli, mais court. Je trouve que ça ne vaut pas le show du Bellagio, à Las Vegas.

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Las Vegas, c’est d’ailleurs l’image qui vient fréquemment quand on se balade à Dubaï. La démesure des projets immobiliers est la même, mais Dubaï arrive à ne pas tomber dans le pastiche, ce qui est un bon point. Et surtout, elle est plus sage : ici, pas de machines à sous et de prostituées à tous les coins de rue. On croise plutôt des niqab… À nombre presque égal avec les mini-shorts. Étonnant.

Jour 10 : Mosquées du Caire islamique

Samedi 11 mai

Le train arrive avec 2h20 de retard au Caire. Ça s’annonçait bien pourtant : il avait réussi l’exploit de partir à l’heure. Faut pas trop en demander ! Ceci dit, c’est plutôt agréable de regarder défiler les palmeraies, avec au loin des pyramides qui émergent (dont une que je n’ai pas reconnue, à degrés mais plus grande que Djeser… Car les pyramides ne se résument pas à celles que l’on voit sur les cartes postales : il y en a une centaine de connues, plus d’autres pas encore explorées ou même désensablées). Lire la suite

Jour 9 : Temple de Philae et musée nubien

Vendredi 10 mai

Au lever, je demande à l’hôtel de m’appeler un taxi pour aller visiter le temple de Philae, situé à quelques kilomètres de Louxor. Comme Abou Simbel, ce temple a été sauvé de l’engloutissement : construit sur une île, il a eu les pieds dans l’eau dès la construction de l’ancien barrage, en 1902.

Le temple de Philae partiellement submergé, en 1908.

Le temple de Philae partiellement submergé, en 1908.

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Jour 8 : Excursion à Abou Simbel

Jeudi 9 mai

Par mesure de sécurité, il n’est possible d’aller sur le site d’Abou Simbel (290km au sud d’Assouan) que par convois sécurisés (sauf à prendre l’avion ou le bateau).

Concrètement, tous les cars et voitures sont fouillés avant le départ, et chacun se met en branle à heure fixe en file indienne pour filer à 100km/h à travers le désert. 90% du trafic a lieu le matin, par le convoi de 4h. Je ne suis pas un stratège antiterroriste, mais j’ai l’impression que cette solution est stupide : il suffirait à un terroriste de dégommer au lance-roquette la première voiture du convoi pour créer un carambolage à haute vitesse, mais bon, faut bien justifier le budget de l’armée. Lire la suite

Jour 7 : De Louxor à Assouan, via Edfou et Kom Ombo

Mercredi 8 mai

A 8h, un chauffeur de la compagnie Aswan Individual (leur site est plein de bons conseils) vient me chercher. J’ai privatisé un de leurs taxis pour descendre jusqu’à Assouan, pour 600LE. J’avais réservé avant de partir, par précaution, mais en fait tout le monde propose ça à Louxor, pour moins cher. En fait, il n’y a absolument rien besoin de réserver avant de partir : tout se fait relativement facilement sur place. Après, l’avantage de cette société, c’est qu’ils sont très sérieux. Les chauffeurs ne s’arrêtent pas devant des magasins, ne demandent pas de bakchich, ont des voitures récentes… A vous de voir. Lire la suite

Jour 6 : Vol en montgolfière à Louxor et visite de Karnak

Mardi 7 mai

Lever à 4h pour mon baptême de montgolfière. J’ai de la chance : les vols ont repris fin avril, après trois mois d’interruption suite à une explosion sur un ballon, qui avait fait 19 morts en février. Depuis, les consignes de sécurité ont été revues à la hausse (donc non, je n’ai pas eu peur). Mon vol est assuré par la compagnie Sinbad. Il dure environ 45 minutes et m’a coûté 350LE. Lire la suite